Journée Mondiale de lutte contre le SIDA 2010 : « Accès universel et droits de l’homme »

LES EFFETS AU NIVEAU FAMILIAL

L’impact négatif que le VIH/SIDA peut avoir sur la capacité productive des familles rurales a été couvert dans les études menées en Afrique de l’Est. Un document suggère que les effets du VIH/SIDA se ressentent sur deux principaux paramètres de la production agricole.

récolte de coton bioEn premier lieu, la qualité et la quantité de la main d’œuvre familiale sont réduites, d’abord en termes de productivité lorsqu’une personne séropositive tombe malade, et plus tard en termes de baisse de la main d’œuvre familiale lorsque cette personne décède. Qui plus est, la probabilité est forte que plus d’un adulte par famille soit infecté compte tenu du caractère hétérosexuel de la transmission du VIH en Afrique. Facteur aggravant, les taux d’infection sont plus élevés chez les femmes qui représentent 70 pourcent de la main d’œuvre agricole et 80 pourcent de la production alimentaire.
De plus, les autres membres de la famille consacreront du temps pris sur le temps de production pour s’occuper des personnes malades et satisfaire aux coutumes traditionnelles du deuil qui peut aller jusqu’à  40 jours pour certains membres de la famille, avec un effet adverse sur la disponibilité de main d’œuvre.

Le second facteur de la production agricole familiale qui sera touché par le VIH/SIDA est celui de la disponibilité de revenus utilisables. Pendant les épisodes de maladies, les ressources financières de la famille peuvent àªtre détournées pour les frais médicaux et, éventuellement, les frais d’obsèques. Ou alors, ces ressources peuvent servir à  l’achat d’autres intrants agricoles tels un travailleur occasionnel ou d’intrants complémentaires (ex: nouvelles semences ou plantes, engrais, pesticides etc.). Les biens de la famille (ex: bétail) peuvent àªtre vendus.
Si une famille se trouve dans l’incapacité soit de fournir cette main d’œuvre au niveau interne, soit d’embaucher des travailleurs temporaires, la structure des exploitations peut àªtre modifiée progressivement, passant des cultures de rente aux cultures de subsistance dans certains cas. La contrainte majeure se fera jour pendant les périodes de pointe en matière de main d’œuvre, habituellement les périodes de semis et de récolte. Etant donné la nature du marché de la main d’œuvre rurale, ces périodes sont aussi celles o๠les salaires ou les coûts d’opportunité sont les plus élevés. Une autre réponse aux pénuries de main d’œuvre peut consister à  réduire la superficie cultivée. En outre, il est possible que la production animale aussi soit moins intensive et que la qualité des travaux champàªtres soit affectée par une baisse des activités de désherbage et d’émondage. Le passage des cultures à  haute intensité de main d’œuvre à  celles à  faible intensité de main d’œuvre mettra un terme à  la culture des légumes qui se traduira par un régime alimentaire moins varié et moins nutritif.

Les systèmes de production agricole à  haute intensité de main d’œuvre disposant d’un faible niveau de mécanisation et d’intrants agricoles sont particulièrement vulnérables à  l’impact de la maladie. Suivent quelques effets des pénuries de main d’œuvre dans les communautés fortement touchées en Afrique de l’Est:

€¢ Réduction de la superficie cultivée;

€¢ Retard dans les activités champàªtres telles le labour, le semis et le sarclage;

€¢ Réduction de la capacité à  lutter contre les parasites;

€¢ Déclin du rendement; perte de fertilité des sols;

€¢ Passage des cultures à  haute intensité de main d’œuvre (ex: banane) à  des cultures à  moindre intensité de main d’œuvre (telles le manioc et les patates douces);

€¢ Passage de la production de rente à  la production de subsistance;

€¢ Réduction de la gamme des cultures par famille;

€¢ Déclin de la production animale;

€¢ Pertes des connaissances agronomiques et des capacités de gestion.

Les résultats et les conclusions des activités que la FAO a menées en Afrique de l’Est révèlent que l’on ne peut pas généraliser, màªme à  l’intérieur d’un pays donné, l’impact du VIH/SIDA sur les systèmes de production agricole et les moyens de subsistance en milieu rural, et qu’il y a lieu de prendre en considération autant des facteurs liées à  l’espace et au temps.
Des études menées en Ouganda, en République Unie de Tanzanie et en Zambie ont montré que le VIH/SIDA suit un schéma pathologique différent dans chaque village et chaque district.
Les facteurs géographiques et ethniques, la religion, le genre, l’à¢ge, les coutumes matrimoniales et les conditions agro-écologiques jouent un rà´le dans le schéma et dans l’impact du VIH/SIDA et dans la perception qu’ont les populations de la maladie. L’on peut regrouper les communautés selon trois types de situation: les communautés pré-impact (l’infection est là , mais l’impact de la maladie n’est pas visible), les communautés à  impact initial (l’impact est visible, mais les systèmes communautaires de survie fonctionnent encore) et les communautés à  plein impact (prévalence élevée de la morbidité et de la mortalité liées au VIH/SIDA, mais les systèmes traditionnels de survie ne fonctionnent plus).

Cette différenciation est importante pour la planification et la mise en œuvre de stratégies d’intervention géo-spécifiques.

Historique du CEF: les acteurs et les outils

L’UNPCB et ses démembrements jouent un rà´le central dans le pilotage du dispositif. Ils participent dans le choix des GPC qui font le CEF en concertation avec les sociétés cotonnières.
Les comités de suivi régulier du dispositif au niveau départemental, régional et national permettent de trouver des solutions à  d’éventuels problèmes qui surviendront.

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