Programme fertilité des sols dans les zones biologiques

Le vendredi 31 octobre, l’UNPC B organise en partenariat avec l’Union Européenne, ICCO, Helvetas, la journée de présentation du programme « Fertilité des sols dans les zones de production biologiques ».
Cet évènement se déroulera à  Ouada, une localité de la province du Boulgou au Burkina Faso.

Rencontre gouvernement secteur privé au Burkina Faso

La rencontre, devenue traditionnelle, gouvernement €“ secteur s’est tenue cette année le 20 octobre, toujours à  Bobo Dioulasso. J’ai représenté les producteurs de coton du Burkina à  ce cadre de concertation annuel, initié par le gouvernement pour échanger avec le secteur privé.
Cette année, la réflexion a porté sur «Décentralisation et développement du secteur privé. Quelle synergie pour l’émergence du tissu économique local dynamique ? ». Ce thème est d’une importance capitale car le développement ne peut se faire que si les acteurs à  la base participent de manière organisé à  l’économie.
Les acteurs du secteur privé avaient au préalable, plus précisément en septembre, organisé un atelier sur les objectifs et les plans d’action issus des rencontres précédentes. Les conclusions de cet atelier ont été soumises au gouvernement.
La 8ème rencontre a été l’occasion de faire le point sur les actions menées et celles qui n’ont pu l’àªtre.
Le Premier Ministre a apprécié cette initiative, en particulier l’approche. Le fait que les gens (interlocuteurs du gouvernement) (viennent à  lui) fassent preuve de professionnalisme en s’adressant au gouvernement, à  travers une structure organisée (et professionnelle).
Ainsi organisés, il est plus sûr que les gens connaissent bien leur problème, le pose de manière claire et ont aussi des solutions à  proposer. Ils ne sont plus à  s’alarmer et à  demander à  ce qu’on crée les solutions pour eux.
J’ai trouvé cette analyse très importante, surtout qu’elle a été, plustard, confirmée par l’intervention d’un entrepreneur spécialisé dans la commercialisation du karité.
Il a exposé le problème dans lequel se trouve actuellement la filière karité : l’année dernière, le marché du karité était tellement porteur que les intermédiaires l’ont acheté à  des prix intéressant chez les producteurs. Seulement, l’engouement était tel qu’ils ont pris les noix de karité proposées sans tenir compte de la qualité.
La conséquence a été que karité du Burkina n’a pas été apprécié sur le marché international et cette année, il est difficile aux intermédiaires de passer des contrats avec leurs partenaires internationaux et certains d’entre eux ont toujours (ont toujours dans les mains) des stocks de l’année dernière dans leurs mains.
Le ministre de l’Agriculture, dans sa réponse, a abondé dans le màªme sens que le Premier Ministre. Il a appelé les intervenants dans le secteur agro économie, à  s’organiser en filière. Car il est difficile à  l’administration de les aider s’ils n’ont pas une structure cohérente. Màªme si l’appui est du devoir de l’Etat et, contribue à  l’autonomie de nos filières ; màªme si cela peut sembler paradoxal.
Il a ainsi donné l’exemple de la filière cotonnière qui tient malgré les crises successives parce que ses acteurs sont organisés.
Le Premier Ministre est revenu sur la nécessité d’àªtre organisé et discipliné. L’organisation donne la discipline, et lorsque l’on est discipliné, on a la capacité pour mieux faire, pour abattre un travail de qualité.
Si la qualité d’un produit est décriée, le gouvernement est affaibli dans ses négociations à  l’international. Ainsi, il y a quelques années, le Burkina était l’un des meilleurs producteurs de haricot vert dans la sous région, il a perdu sa place à  cause de la qualité en baisse de sa production.
Lorsque la filière cotonnière et aussi l’UNPC B, sont cités comme modèle parce qu’elle s’efforce d’instaurer la discipline en son sein ; je suis gàªné car la discipline que nous nous donnons en notre sein n’est pas aussi rigoureuse partout.
D’ailleurs, beaucoup de nos détracteurs ne sachant pas ce que la discipline veut dire la comprennent comme une pression (force ) faite aux producteurs..
Je pense que nous devons aller au-delà  des attentes d’organisation et de discipline du gouvernement.
Je comprends le Premier Ministre lorsqu’il prévient qu’il voudra de moins en moins rencontrer, recevoir des acteurs non organisées venant avec une liste de revendication.
Je souhaite que l’on ne laisse pas trop de temps à  l’inorganisation car la mondialisation n’attend pas.
Plus on prend du temps, plus on est avalé. Le Burkina Faso qui est à  80% rural travail.
Dans la tradition africaine, et màªme actuellement dans tous nos villages, des règles de discipline existent.
Pourquoi ne remonte €“ t- elle pas au niveau national ? Dans notre commerce avec l’international ?
Je souhaite voir de la discipline dans d’autres filières pour protéger la nà´tre. Au cas contraire, il risque d’avoir des révoltes dans notre filière cotonnière car les acteurs pourraient àªtre par le fait que cette màªme rigueur n’existe pas partout.

L’UNPC B est entrain d’organiser la commercialisation du maà¯s pour la campagne 2008 2009, nos structures s’attèlent à  la collecte d’information sur la quantité et la qualité du maà¯s qui pourraient nous àªtre livré. Nous profiteront de cette volonté exprimée par le gouvernement pour lui présenter une quantité de maà¯s d’une qualité bien définie que nous voudrons commercialiser avec son soutien.
Nous avons pris des contactes avec des partenaires commerciaux mais, nous avons besoin de l’appui du gouvernement ; encore plus maintenant que nous connaissons ces attentes.
Je remercie le gouvernement pour l’appui apporté à  la production, particulièrement au cours de cette campagne durant laquelle il a facilité aux agriculteurs, l’accès aux semences et aux intrants. La campagne agricole a été bonne, mais nous savons qu’il pourrait avoir des spéculations sur les céréales et cela ne permettra pas aux producteurs de gagner.
En agriculture, lorsque l’on produit bien mais vendons mal, cela provoquer une famine l’année qui suit.
Pour terminer, je remercie le gouvernement burkinabè son initiative de dialoguer de manière franche avec le secteur privé et je me dis que si nous avons tous la màªme vision, des pas doivent àªtre faits vers le développement.

Bobo Dioulasso, le 22 octobre 2008
François TRAORE
Docteur Honoris Causa
Président de l’UNPC B
Président de l’AProCA

Coton: les prix chutent à  cause de la crise

Les prix du coton ont aligné une sixième semaine consécutive de baisse, tombant au plus bas depuis mai 2007, alors que la persistance de la crise financière continue d’assombrir les perspectives pour la demande de textile.

La nouvelle semaine noire qu’ont vécu les marchés financiers, en dépit des interventions massives des autorités aux Etats-Unis et en Europe (injection de capitaux, baisses des taux des banques centrales, nationalisations) ont alimenté les craintes d’un brusque ralentissement économique.

Par rapport à  d’autres matières premières, « la demande de coton est plus liée à  la croissance économique », explique Hussein Allidina, de Morgan Stanley.

Les matières premières destinées à  l’alimentation, vitales, sont moins touchées, car leur consommation est moins affectée en cas de ralentissement économique.

Signe que la crise commence à  peser sur la consommation, les ventes de détail aux Etats-Unis marquent sérieusement le pas, souligne M. Allidina.

Les ventes hebdomadaires des cha&agraveînes de magasins aux Etats-Unis n’ont progressé que de 0,1% au cours de la semaine dernière, après quatre semaines de baisse, selon le Conseil international des centres commerciaux (ICSC).

Alimentant les craintes des investisseurs, le Fonds monétaire international (FMI) a nettement revu à  la baisse sa prévision de la croissance mondiale pour 2009, à  3,0%, celle des pays développés ne devant pas dépasser 0,5%.

Le vendredi 10 octobre, vers 15H30 GMT, le contrat pour livraison en décembre, contrat de référence, valait 49,60 cents la livre, un prix plus vu depuis mai 2007, contre 57,41 cents la livre vendredi dernier.

L’indice Cotlook A, moyenne quotidienne des cinq prix du coton les plus faibles sur le marché physique dans les ports d’Orient, valait 63,20 dollars, contre 68,35 dollars vendredi dernier.

PRIORISER LE SECTEUR AGRICOLE POUR UN VERITABLE DEVELOPPEMENT

Le 18 septembre, j’étais l’un des rares leaders des agriculteurs africains à  participer, à  Crans Montana, en Suisse, à  une rencontre organisée par IDEAS centre, une ONG qui n’est pas à  sa première action d’accompagnement des pays en développement.
La mondialisation, le développement, la lutte contre la pauvreté, l’alimentation, le coton, les relations entre l’Afrique et la Chine, ont été des questions que les experts ont longuement discutées au cours de cette rencontre.

Il faut réorienter les investissements vers l’agriculture

Les représentants des Etats africains présents ont reconnu que l’agriculture africaine n’a pas bénéficié de suffisamment d’investissements. Beaucoup d’intervenants ont cité le Programme d’Ajustement Structurel (PAS) comme un élément ayant désorienté les politiques de développement en Afrique ; heureusement, ils n’en font pas la seule cause du retard de notre agriculture.
Avant comme après le PAS, grand-chose n’a pas été mis dans l’agriculture africaine et naturellement cette activité n’a pas produit les résultats attendus.
Autant nos décideurs sont responsables de cette situation, autant certains des partenaires au développement ont leur part de responsabilité.
L’Afrique reste pauvre. Sauf que cette pauvreté est moins apparente en ville car les décideurs et leurs partenaires ont toujours veillé à  ce que les grandes villes aient l’essentiel (les hà´pitaux, les écoles, les routes).
Cela pour une raison simple : si ceux qui comprennent français ont le minimum, les décideurs sont rassurés car ce sont ces lettrés qui dispose d’assez d’information pour choisir objectivement et librement qui voter ; et lorsqu’ils ne sont pas satisfaits, ils revendiquent!
Les partenaires sont au courant de ce procédé. Ceux qui font le « business » en Afrique savent que c’est sur la bouche des gens des villes qu’il faut mettre l’huile pour qu’il n’y ait rien.
Je trouve qu’il est temps que cette manière d’agir soit complètement revue. Il faut que les citoyens vivants en campagne, surtout qu’en Afrique, ils sont largement plus de la majorité, bénéficient des màªmes privilèges que ceux de la ville!
Un représentant de l’Inde à  dit, à  Crans Montana, aux représentants de l’Afrique « Respectez vos agriculteurs ». De retour à  Bobo, pendant que je menais ma réflexion, j’ai entendu sur RFI, qu’une entreprise a renoncé à  installer son usine de construction de voiture dans une localité parce que les paysans s’opposaient. Cela laisse croire que l’Inde applique déjà  ce que son représentant a demandé durant la réunion.
Il est important que le paysan soit respecté si on veut sauver l’économie mondiale.
Pour le prouver, je donne l’exemple des Accords de Partenariats Economiques.
Si l’Union Européenne veut que l’on signe les APE, c’est simplement pour lui permettre de vendre tout ce qu’elle veut en Afrique, et si elle veut vendre, il faut que nous puissions acheter. Alors que pour le faire, il faut que nous ayons pu vendre quelque chose !
En résumé, l’application des APE suppose que tout les africains ait un revenu, le minimum au moins ; sinon, l’autre solution est que l’Afrique continue de s’endetter pour répondre aux besoins que l’on crée en elle.
Si nous choisissons la première voie, vendre, il y a des actions à  réussir. Entre autres, désenclavés tous les terroirs en Afrique. Il faut aller au delà  des grandes villes, tracer des voies jusque dans les villages pour que la majorité de la population puisse accéder au marché.
Je ne sais pas combien de temps il faudra aux pays pauvres pour disposer des moyens afin de construire des voies de communication. Mais ce dont je suis convaincu, est que tant que le milieu rural n’est pas désenclavé aucun programme de développement ne donnera des résultats durables.
A mon avis, la communauté internationale doit contribuer pour les actions essentielles. Il s’agit principalement du désenclavement, de l’intégration des producteurs dans l’économie mondiale, etc.
Il y a quelques années, nous avions offert une chance à  la communauté internationale de montrer sa bonne foi et sa motivation pour un monde équitable. Nous demandions aux pays riches de donner un symbole qui ne leur coutait rien sur le plan financier et économique mais ils n’ont rien fait jusqu’à  l’heure.
Ils sont enthousiastes pour la mondialisation, mais je pense qu’ils ne sont pas économistes sinon ils auraient mis tout le monde dans l’économie. Mais, du moment qu’ils n’ont pas réussit avec le coton, une spéculation qui n’est pas leur seule source de revenu et encore, n’est pas parmi les plus rentables pour eux, que peut on encore attendre €¦€¦€¦

La peur de l’Occident face au partenariat de l’Afrique avec la Chine


J’ai aussi écouté la peur que suscite le partenariat Afrique – Chine.
Lorsque j’entends les mises en gardes, j’ai honte. La Chine, qui n’est qu’à  59 ans de sa révolution, cherche une amitié avec l’Afrique qui expérimente déjà  des chemins de développement ; et cette relation toute naissante fait peur à  des gens qui sont bien installés en Afrique. Un continent qui a communiqué presque exclusivement avec l’Occident pendant plusieurs siècles.
Je pense que l’Occident doit avoir le courage d’analyser son partenariat avec l’Afrique, il ne doit pas s’inquiéter de l’arrivée de la Chine, mais l’observer pour tirer expérience de son approche.
La Chine a d’ailleurs bénéficié de l’expérience des pays de l’Europe pour se développer et entrer en Afrique bien que ces pays n’aient pas les màªmes manières d’agir.
« Ceux qui veulent notre bien » disent que la Chine va endetter et exploiter l’Afrique. N’est ce pas parce qu’ils pensent qu’elle va faire comme eux ?
Qu’ils le disent clairement car certaines relations ont laissé des habitudes malsaines dans les comportements des politiques et de la population africaine. Des habitudes que l’on craint que la Chine ne prenne.
Sinon, l’image que nous avons du Chinois est celui du patriote, de l’homme intègre, et pràªt à  aider son compatriote.
Si les chinois sont fières de leur culture et donc de leur comportement, je ne vois pas pourquoi ils vont changer en Afrique ? Peut àªtre vont-ils plutà´t influencer les africains vers ce comportement patriote et fier.
Les chinois, màªme s’ils sont gentils, ne peuvent àªtre des faiseurs de miracles pour l’Afrique. Les chinois peuvent avoir des limites et peuvent faire des erreurs. Mais les africains doivent àªtre assez responsables pour abandonner les mauvaises habitudes, sinon elles peuvent faire glisser nos nouveaux partenaires vers des comportements opportunistes.
Je pense qu’il n’y a pas de mondialisation à  demi mesure. O๠la mondialisation nous concerne tous, nous permet de communiquer avec qui l’on veut, o๠il n’y a pas de mondialisation !

Investir dans l’utile pour sauver l’économie mondiale

Sur la question de la crise financière, je pense qu’on ne met pas l’argent là  o๠c’est utile. L’argent à  ses règles. Dans les pays développés, il y a de moins en moins de secteurs d’investissements nécessaires et rentables comparés aux pays pauvres.
Lorsqu’on n’investi pas dans le nécessaire, cela se ressent. En ce moment l’argent circule que dans les transactions.
Conséquence : des subventions aux producteurs on se retrouve aux subventions aux banques !
Je pense que beaucoup d’investisseurs doivent réapprendre leurs leçons d’économie sinon la crise risque d’àªtre permanente.

Je le dit parce que si j’analyse la crise en la comparant à  ce qui pourrait arriver dans une exploitation agricole, la solution est évidente. En tant que paysan, je sais que si je n’investi pas là  ou c’est utile, mon argent peut me créer des problèmes !

L’initiative du caucus et surtout les idées qui ont été débattues, des opinions exprimées au cours de cette rencontre me rassurent car que des gens se soucient encore des problèmes que nous vivons.
Je remercie IDEAS qui, depuis toujours, a montré sa volonté à  travailler et à  accompagner l’Afrique.
Je suis convaincu qu’un jour il y aura des retombées positives de tous ces débats qui ont pu se mener grà¢ce à  elle.
Bobo Dioulasso, le 03 octobre 2008

François TRAORE
Docteur Honoris Causa
Président de l’UNPC B, Président de l’AProCA